Something In The Way We Spin
Faut-il continuer de danser pour conjurer les maux de notre époque? C’est ce que semble affirmer le quatuor Sweat Like An Ape! de retour en 2026 avec un nouvel album, Something In The Way We Spin. Depuis 2015, le groupe anglo-aquitain s’est fait une place de choix dans le coeur des amateurices de rock’n roll brûlant et incantatoire, grâce à des performances lives incendiaires et des albums qui naviguent avec une grâce de funambule entre post-punk, dance rock et art pop.
Plus sombre mais pas moins dansant que les albums précédents, parfois cinématographique et narratif, ce disque court a beaucoup à raconter. Le post punk s’y teinte parfois de tonalités atmosphériques post rock (The Bridge). Le groupe s’amuse à écrire des twists funestes (Shed of Skin) ou des balades pour crooner adepte du vaudou (Statues). Sur (Wish Upon A) Movie Star, on croirait entendre Devo s’acoquiner à The Clash, quand Visions of Doreen prend des accents de post-punk new yorkais de la fin des années 1970. Spin reprend les fondamentaux du groupe, dance punk entêtant, ici plus aérien que par le passé. L’album se termine par l’épopée de 9:36 Doreen’s song où le spoken word du chanteur Sol Hess se fracasse sur des montées noise rock qui rendent toute la puissance du groupe en concert.
Car Something In The Way We Spin, enregistré en live au château du Plessis près de Tours, rend à merveille justice à la complicité des quatre musiciens qui ont toujours fait de leurs concerts de joyeuses célébrations libératoires. Deuxième disque travaillé aux côtés de Rubin Steiner, Something In The Way We Spin bénéficie de la science de la post-production du musicien à tête chercheuse, capable d’amener des couleurs variées et des dialogues inédits entre ces morceaux de rock’n' roll brut et terriblement vivants.
On peut continuer de danser avant la fin du monde.

